Accueil / Revues / Le Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - 1934 /

Le Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 16

le petit illustré pour la jeunesse et la famille n°1561 p16 gimp.jpg Le Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15MiniaturesLe Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15MiniaturesLe Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15MiniaturesLe Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15MiniaturesLe Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15MiniaturesLe Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15MiniaturesLe Petit Illustré pour la Jeunesse et la Famille - sept 1934 - Page 15Miniatures


Séraphin, le gaffeur

Séraphin, estimant qu’il n’était pas nécessaire d’avoir des connaissances très approfondies pour être fumiste, s’est fait embaucher chez un entrepreneur de la petite commune où il est venu s’échouer, et où l’on est assez accommodant sur la qualité du personnel employé.

Séraphin, chargé de la pose d’un tuyau de cheminée, grimpe allégrement à l’échelle en sifflant un petit air, comme tout bon compagnon qui se respecte.
Le voilà juché sur la toiture, procédant au travail qui lui a été commandé.

« Ah ! ce que je l’aime, dit-il, la vie au grand air, il n’y a que ça de vrai ! L’essentiel c’est de ne pas glisser, car si je me démantibulais le portrait, ce serait assez difficile à réparer, plus difficile à coup sûr que le travail exécuté à l’instant …

Tiens, mais où est donc passée mon échelle ? Je ne la vois plus … Hé, parbleu, elle a glissé.» Et Séraphin a beau appeler, personne ne répond. « Ah çà ! mais ils sont tous morts dans ce pays-ci …

Oh, une idée, voici une cheminée suffisamment large pour que je puisse y introduire mon corps. Je n’ai plus qu’à me laisser glisser à la force du poignet.

Au revoir, messieurs et dame, le petit diable rentre dans sa boîte. Drôle de moyen tout de même pour descendre, mais à défaut d’escalier !...

Oh ! qu’il fait noir … Et quelle suie !... J’en prends plus avec mon nez qu’avec une pelle … Si je pouvais seulement rencontrer un marchand de vin en route …

Oh ! mais j’étouffe. Et puis, voilà une fumée épaisse qui me prend à la gorge … Ah ! mon Dieu, mais ça chauffe … C’est une rôtissoire. Je ne peux plus y tenir ! »

Et le pauvre Séraphin, à demi asphyxié, s’écroule comme une masse. Hélas, il vient de choir sur une marmite pleine de bouillon qu’il renverse.

Un cri strident se fait entendre. Une vieille femme très superstitieuse et sourde comme un pot ne sait plus où donner de la tête en voyant cet homme noir se démener dans son foyer sur les bûches enflammées.

Or, au lieu de secourir ce pauvre Séraphin hurlant qu’elle prend pour le diable, elle cherche illico son balai pour lui donner la chasse.

« Oh là là, crie Séraphin, au secours, ma brave femme, n’ayez pas peur. Au lieu de me regarder de travers, vous feriez bien mieux d’aller chercher une bonne bouteille de quelque chose pour que je me ramone l’intérieur. Qu’est-ce que j’ai avalé comme suie !»

La vieille, qui n’entend rien à ce langage, s’élance sur Satan et lui tanne la peau à tour de bras.

« Mais qu’est-ce que vous faites ? Vous avez une singulière façon de comprendre l’hospitalité. »

Et le pauvre Séraphin réussit à s’enfuir, cherchant partout un baquet d’eau pour s’asseoir dedans, car le fond de son pantalon est en train de se consumer, et sa peau court de grands risques.

Décidément Séraphin n’a pas encore trouvé là le métier idéal …

Auteur
Gérante : Suzanne Vignon - Imp. Charaire à Sceaux
Score
pas de note
Notez cette photo